Les initiatives de BD en France


La Grippe saisonnière

Introduction
La grippe dans le monde

La grippe en France

Manifestations cliniques

Diagnostic

La prévention

Traitement




INTRODUCTION

La grippe saisonnière est une infection virale aiguë provoquée par un virus grippal.

Il existe trois types de grippe saisonnière – A, B et C. Les virus grippaux de type A se subdivisent en sous-types en fonction des différentes sortes et associations de protéines de surface du virus. Parmi les nombreux sous-types des virus grippaux A, les sous-types A(H1N1) et A(H3N2) circulent actuellement chez l’homme.

Des virus grippaux circulent dans toutes les régions du monde. Les cas de grippe de type C surviennent beaucoup moins fréquemment que ceux des types A et B. C’est pourquoi seuls les virus grippaux A et B figurent dans la composition des vaccins contre la grippe saisonnière.

Quelques faits :

  • La grippe est une infection virale aiguë qui se propage facilement d’une personne à l’autre.
     
  • La grippe circule dans le monde entier et peut toucher n’importe qui dans n’importe quel groupe d’âge.
     
  • La grippe provoque des épidémies annuelles qui atteignent leur pic pendant l’hiver dans les régions tempérées.
     
  • La grippe est un problème de santé publique sérieux qui provoque des maladies graves et des décès dans les populations à plus haut risque.
     
  • Une épidémie peut également avoir des répercussions économiques par perte de productivité et solliciter énormément les services de santé.
     
  • La vaccination est le moyen le plus efficace de prévenir l’infection.



LA GRIPPE DANS LE MONDE

Les épidémies de grippe surviennent chaque année au cours de l’automne et de l’hiver dans les régions tempérées. Elles provoquent des hospitalisations et des décès principalement parmi les groupes à haut risque (très jeunes, personnes âgées ou maladies chroniques). Au niveau mondial, ces épidémies annuelles sont responsables d’environ trois à cinq millions de cas de maladies graves, et 250 000 à 500 000 décès.

La plupart des décès associés à la grippe dans les pays industrialisés surviennent parmi les personnes âgées de 65 ans ou plus. Dans certains pays tropicaux, les virus grippaux circulent tout au long de l’année avec un ou deux pics au cours de la saison des pluies.




LA GRIPPE EN FRANCE

En France métropolitaine, la surveillance de la grippe a d'abord été faite par deux réseaux de médecins libéraux : le réseau Sentinelles de l'Inserm et le réseau des GROG (Groupes Régionaux d'Observation de la Grippe). La surveillance virologique est faite par deux centres nationaux de référence (Institut Pasteur, Paris pour la partie nord de la France, et CHU de Lyon pour la moitié sud). Dans le cadre du plan pandémie, ce réseau a été peu à peu complété (de 2003 à 2007) par :

  • un réseau de surveillance de la mortalité spécifique en temps presque réel (via le suivi des certificats de décès d'environ 35% de la population métropolitaine, par 22 Drass),
  • un monitoring des grippes graves (via un réseau de 46 services d’urgences (réseau Oscour))
  • un signalement des épidémies déclarées par les collectivités de personnes âgées. (Le délai moyen de signalement à l'INVS est passé de 21 à 10 jours de 2003 à 2007)

En France, la grippe provoque chaque année en moyenne 1 000 morts, essentiellement de jeunes enfants et de personnes âgées. La grippe touche en France entre 2 et 7 millions de personnes chaque hiver. Le coût sanitaire et social annuel de la grippe est considérable, évalué 460 millions d'euros en France pour une épidémie moyenne.

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MANIFESTATIONS CLINIQUES

La période d'incubation est courte (1-2 jours). La maladie débute brutalement par une fièvre supérieure à 38,5 °C avec frissons, des céphalées, une sensation de malaise général (asthénie), de l'anorexie, avec des douleurs diffuses en particulier des muscles (myalgies) et des articulations (arthralgies). À ce tableau s'ajoutent des signes d'atteinte respiratoire (congestion nasale, rhinorrhée, toux sèche), de l'odynophagie, de la dysphonie. La fièvre dure 2 à 4 jours, la guérison est rapide mais l'asthénie et la toux peuvent persister jusqu'à deux semaines.

Il est courant d'observer un 'V' Grippal. Après l'incubation, il y a une forte fièvre (39-40°), puis une chute de la température avant une remontée, d'où le terme de fièvre en 'V'.

Bien que les nausées et les vomissements puissent être rencontrés dans la grippe, surtout chez les enfants, ils sont plus souvent l'expression d'une gastroentérite virale dont l'épidémiologie est également hivernale. 




DIAGNOSTIC

Le tableau clinique du syndrome grippal peut être induit par d'autres virus (paramyxovirus, adénovirus qui produisent des syndromes fébriles douloureux). Le diagnostic de certitude est essentiel pour dater le début d'une épidémie.

Le diagnostic se fait par l'analyse de prélèvements respiratoires : écouvillonnage nasal, aspiration naso-pharyngée. En cas de pneumopathie, notamment chez l'adulte, un liquide de lavage broncho alvéolaire peut être prélevé.
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La détection rapide du virus par une technique immunologique (immunofluorescence indirecte, tests immunphorétiques rapides, ...) est la plus employée, car produisant un résultat en 3 à 4 heures, pour un coût faible, en répondant aux exigences de sensibilité et de spécificité des laboratoires de virologie.
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De plus en plus de laboratoires utilisent aussi des techniques de biologie moléculaire : extraction de l'ARN viral du prélèvement, puis RT-PCR (Reverse Transcription - Polymerase Chain Reaction ; méthode de biologie moléculaire d'amplification) en point final ou RT-PCR quantitative. Ces techniques permettent un diagnostic assez rapide (moins de 2 heures pour l'extraction suivie de la RT-PCR quantitative) et fiable, qui a l'avantage aussi de permettre un premier typage. La RT-PCR peut ensuite être complétée par un séquençage du génome viral, dans un but essentiellement épidémiologique. C'est par exemple ce qui est réalisé dans les Centre Nationaux de Référence de la grippe en France.




LA PREVENTION

LA VACCINATION :

Le moyen le plus efficace de se prémunir de la maladie ou d’une issue grave est la vaccination. Des vaccins sûrs et efficaces existent et sont utilisés depuis plus de 60 ans. Chez les adultes en bonne santé, le vaccin antigrippal peut éviter 70 à 90% des pathologies spécifiques à la grippe.

Parmi les personnes âgées, la vaccination permet de réduire jusqu’à 60 % la gravité de la maladie et ses complications et jusqu’à 80 % la mortalité.

La vaccination est particulièrement importante pour les personnes à risque plus élevé de complications graves de la grippe, et pour les personnes qui vivent avec des personnes à haut risque ou s’en occupent.

L’OMS recommande la vaccination annuelle pour (par ordre de priorité):

  • les personnes vivant en établissements de long séjour (personnes âgées ou handicapées);
  • les personnes âgées;
  • les personnes souffrant d’affections chroniques;
  • d’autres groupes tels que les femmes enceintes, les agents de santé, les personnes ayant des fonctions essentielles dans la société, ainsi que les enfants de six mois à deux ans.

La vaccination contre la grippe est surtout efficace lorsque les virus vaccins correspondent bien aux virus en circulation. Les virus grippaux évoluent constamment et le Réseau mondial OMS de surveillance de la grippe (GISN), partenariat des centres nationaux de la grippe dans le monde, surveille les virus grippaux qui circulent chez l’homme.

En France, les sujets à risque (plus de 65 ans, insuffisance respiratoire chronique, atteintes cardiaques ou rénales, etc.) ont droit à une vaccination gratuite. Elle est recommandée aux professionnels de santé et aux personnes travaillant à des postes « socialement » exposés (enseignants, administration, transports en commun...). Dans ce type de situation, le vaccin est remboursé.

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MESURES D’HYGIENE :

Comme pour beaucoup de maladies infectieuses, l'hygiène est la première forme de prévention de la contagion en période épidémique :

  • se laver les mains soigneusement et plusieurs fois par jour, au savon ou avec une solution hydro-alcoolique désinfectante pour les mains, surtout après tout contact physique direct avec une personne potentiellement infectée ou s'occupant d'un malade, ou avec des surfaces potentiellement contaminées par le virus.
     
  • se protéger et protéger les autres des projections (buccales ou nasales) ; en toussant ou éternuant dans un mouchoir jetable (à jeter dans une poubelle fermée aussitôt avant de se laver ou se désinfecter les mains) ; ou en toussant ou éternuant dans le creux du bras (plutôt que dans les mains) si l'on ne dispose pas de mouchoirs.
    Les projections d'un malade peuvent être réduites par le port d'un masque de type chirurgical en présence de tiers. Les masques de type FFP2 protégeront les professionnels de santé de l'inhalation du virus. En pratique, il ne semble pas que l'emploi de masques autre que chirurgicaux aboutisse à une contamination moindre, faisant suspecter un rôle réduit des micro-gouttelettes expectorées.
     
  • rester chez soi si l'on est malade, et éviter tout contact inutile avec des personnes non-malades.
     
  • éviter toute atmosphère confinée. Aérer régulièrement les pièces.
     
  • si une personne saine cohabite avec une personne malade, il est fortement conseillé à la personne saine de désinfecter tout objet ayant pu être contaminé par la personne malade (poignées de porte, ustensiles, etc.)
    Il est préférable que la personne saine reste également en quarantaine, si toutefois elle est dans l'obligation d'avoir un contact avec une tierce personne (apport de denrées alimentaires par cette tierce personne par exemple), il est impératif de garder le masque et de penser à se laver rigoureusement les mains avant et après ce contact.



TRAITEMENT

TRAITEMENT SYMPTOMATIQUE :

L'augmentation de la température centrale (Fièvre) est un mécanisme physiologique immunitaire antiviral qui perturbe la biochimie des réplications virales. Il n'y a pas de preuves scientifiques du bénéfice (en termes de morbi-mortalité) des traitements symptomatiques des infections virales aiguës bénignes saisonnières de l'adulte sain en général et de l'infection grippale, en particulier.

  • repos (l'arrêt de travail permet de limiter la contagion et les risques de propagation de l'infection)
  • antipyrétique ; le paracétamol est utilisé en première intention car il entraine peu d'effets secondaires. L'aspirine est contre indiquée chez les jeunes enfants, car son administration lors d'une grippe peut entrainer un syndrome de Reye, rare mais potentiellement mortel.
  • antalgique
  • antitussif
  • hydratation, en fonction de la fièvre
  • La vitamine C peut être indiquée contre l'asthénie passagère due au syndrome grippal.
     

TRAITEMENT CURATIF :

Il existe des médicaments antiviraux :

  • - l'amantadine (Mantadix®) et la rimantadine, qui ont une efficacité de l'ordre de 80 % si administrés à titre préventif
     
  • - l'oseltamivir (Tamiflu®) et le zanamivir (Relenza®) sont des inhibiteurs de la neuraminidase. Ces traitements, pris précocement, peuvent diminuer l'importance des symptômes et la durée de l'affection et sont également capable de prévenir l'infection. Mais ils sont coûteux et doivent être pris dans les 48 heures après l'apparition des symptômes.

Les antibiotiques ne sont prescrits qu'en cas de surinfection bactérienne (notamment l'amoxicilline).

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